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La RATP, une histoire sur les rails

Les tunnels de la RATP sont pour nous des lieux de passage. Plus de 5 millions de voyageurs prennent chaque jour le métro francilien, se croisant dans ces souterrains qui nous sont aujourd’hui si familiers. Mais saviez-vous qu’à côté de toute cette agitation est paisiblement conservée une mémoire. Et quelle mémoire !

Cachés sous les jardins du château de Saint-Germain en Laye dans un tunnel désaffecté, plus de 150 ans d’archives des transports franciliens sont stockés, précieusement surveillés par l’équipe de Michel Cottin.ratp-gaston-emmanuelle

Nouvellement arrivé chez la RATP, il est aujourd’hui responsable de l’entité « archives Groupe RATP» au département Valorisation immobilière, achats et logistique et nous ouvre les portes de ce lieu insolite chargé d’histoire.

Nationalisée en 1949, il faut attendre 1992 pour que la Régie autonome décide de se préoccuper de ses archives. C’est au 1er janvier de cette année que le conservateur Henri Zuber crée une mission « Archives » dans la maison, qu’il dirigera pendant plus de 13 ans. Son ambition ? Constituer des archives opérationnelles et historiques. Elles sont alors installées à Saint-Germain en Laye où elles s’étendront rapidement, pour aujourd’hui occuper 4 000 m2 sur deux niveaux et atteindre plus de 28 kilomètres linéaires (kml).

En plus de conserver les archives intermédiaires, ce lieu insolite se charge de veiller sur près de 2,4 kml d’archives historiques.

Suite à une inspection du Service Interministériel des Archives de France (SIAF) en 2015, un contrat est en cours de réalisation avec le ministère de la Culture qui lui déléguerait la gestion de ces archives. Une fois la convention d’autonomie obtenue, la RATP ne sera ainsi plus dans l’obligation de verser au dépôt public puisque le SIAF effectuera un contrôle scientifique et technique. Les documents antérieurs à 1949 concernant la construction du métro et les anciennes compagnies sont pour leur part conservés aux Archives Départementales de Paris.

Tous les ans, ce sont 1,2 kms d’archives qui sont versées par les entités de la RATP. Un chiffre élevé qui réduit dangereusement la capacité de stockage. Pour y faire face et désengorger les magasins, le service signe en 2015 un contrat avec ARCHIVECO. La détention de l’agrément « Archives de France » donne en effet à ce dernier la possibilité de gérer des archives publiques. Alors que 5 kms sont déjà externalisés, l’objectif de Michel Cottin est de doubler cette volumétrie d’ici la fin de l’année, « pour une première expérience ce sont les archives avec un court délai de conservation qui sont externalisées, bientôt suivies d’archives sérielles ».

Et le responsable de l’entité voit encore plus loin en espérant permettre aux services d’utiliser directement le marché d’externalisation. « Il n’y aurait pas de survie si chaque service a son propre marché » insiste-il. En mettant en place une politique groupe pour une externalisation, il désire améliorer la gestion des risques. La gouvernance technique serait ainsi assurée de manière neutre par les archives centrales, qui ont d’ailleurs vocation à devenir selon Michel Cottin «  la petite Suisse de la gestion des archives de la RATP ».

Sécuriser et externaliser, voilà les deux objectifs fixés à court terme. Et à ceux-ci s’ajoutent deux autres ambitions en 2017 avec la mise en place d’une politique d’archivage numérique ainsi que le transfert et le travail de gestion des archives historiques. L’archiviste a en effet comme projet de former son personnel à leur gestion. Jusqu’ici spécialisés en archives intermédiaire, il désire les faire monter en compétence et garantir un avenir à la mémoire de cette institution.

« Ca va être extraordinaire ce qu’il va se passer ici ! ». Cette phrase, spontanément exprimée par un membre de l’équipe à la présentation des projets, conclut joliment ce tour du propriétaire et nous donne l’eau à la bouche. La RATP, un service à suivre de près !

Camille CAUSSE pour ARCHIVECO

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